Premiers pas vers la Parentalité Positive

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Parentalité Positive et Bienveillante

Quand je suis tombée enceinte, des milliers de questions surgissaient dans mon esprit; des plus basiques au plus complexes…Comment accueillir mon bébé au monde ? comment le prendre dans mes mains ? que faire quand il pleure ? comment comprendre ses émotions et l’aider à les gérer ? comment faire face aux situations stressantes (crises, colères, oppositions … ) and the BIG QUESTIONS WAS AND STILL comment l’aider et l’accompagner pour devenir un adulte responsable et affirmé ? quels sont les principes clés de la parentalité positive?

C’est ainsi que je me suis mise à dévorer des livres et articles sur le monde de l’enfant. Mon instinct maternel a résisté aux recommandations de l’école traditionnelle d’éducation. Et c’est là où j’ai découvert l’éducation positive. J’ai été immédiatement séduite par cette approche éducative. Je vous livre ci-après les fondements de cette philosophie.

Parentalité positive, Définition

La parentalité positive, éducation bienveillante, éducation respectueuse ou encore discipline positive, est une approche d’éducation qui exclut toute forme de violences (cris, chantages menaces et punitions). A la place, elle propose d’autres outils basés sur le respect mutuel, l’écoute, l’accompagnement, et le dialogue.

Comme son nom l’indique, la parentalité positive consiste à se focaliser sur le côté positif de soi et de l’enfant. Autrement dit, elle nous invite à s’orienter vers le futur, vers la construction pour permettre à l’enfant de dépasser ses limites. Et c’est tout à fait le paradoxe de l’éducation traditionnelle où le parent ne cesse de mettre des limites à l’enfant sur tous les plans.

Cependant, adopter une éducation positive ne signifie pas que vous supprimez les conflits avec votre enfant où que vous êtes un parent parfait. D’un côté, les conflits feront toujours objet de votre quotidien, mais grâce aux outils et principes (qui seront détaillés dans notre blog), vous allez pouvoir mieux les gérer. D’un autre côté, vous aurez le droit d’être fatigués, de vous énerver et c’est tout à fait normal.

Parentalité positive, quels sont les principes clés ?

1. Être conscient du niveau de développement de l’enfant

A la naissance, le cerveau de votre bébé est immature, très fragile et malléable. Schématiquement, le cerveau humain se décompose en 3 parties :

Cerveau archaïque : responsable des fonctions primaires (respiration, sommeil, pression artérielle, équilibre, …) en plus des comportements instinctifs liés à notre survie (réflexe d’attaque où de fuite en cas de peur).

Cerveau émotionnel : gère toutes nos émotions et régule les instincts primitifs de survie. Il est régulé par le Néocortex.

Cerveau « Néocortex » : enveloppe le cerveau archaïque et le cerveau émotionnel. Il est responsable des fonctions cognitives dites « supérieures » (conscience, langage, capacités d’apprentissage, perceptions sensorielles, commandes motrices volontaires, schématisation de l’espace…).

Ce qui nous intéresse sur cet article est le fait que le cortex préfrontal qui participe au contrôle rationnel des émotions n’est totalement mature qu’à l’âge de puberté. En d’autres mots, les connexions qui transmettent les informations entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel sont peu développées et peu fonctionnelles.

Donc, votre enfant n’est pas capricieux, n’est pas maladroit, n’est pas méchant. Il fait ce qu’il fait parce que tout simplement c’est son stade normal de développement. D’ailleurs pour le rappel, nous avons tous en nous l’enfant qui a tendance à surgir de temps à autre pour se comporter librement sans les barrières limitantes de la société.

2. L’enfant est bon par nature

Votre enfant est né sans aucune pulsion mais avec des besoins. La science ne cesse de prouver que les innombrables comportements considérés comme des caprices dans l’ancien paradigme ne sont que des réactions face au stress. Il s’agit de réactions normales et saines liées à l’immaturité du cerveau où des comportements liés à de purs besoins.

Pour le rappel, le cerveau d’un enfant est en construction continue et n’est complètement mature qu’à l’âge de puberté. Ceci dit, il est inutile de demander à un enfant un changement de comportement qui n’est pas sous son contrôle.

3. Fixer des règles claires avec bienveillance

Pour commencer, règles et limites en éducation positive ne sont pas synonymes. Les règles sont utiles, sécurisent, mais pas les limites et interdits !

La chaleureuse experte de la parentalité positive, Isabelle Filliozat explique clairement la différence.

« Je ne dis pas qu’il ne faut pas de limites, mais simplement que ce ne sont pas les limites que nous imposons à l’enfant qui le sécurisent. La parentalité positive s’appuie sur la théorie du Lien d’attachement, qui explique que, ce qui sécurise le plus l’enfant, c’est l’amour et l’attention que lui portent ses parents, ainsi que la structure du temps et de l’espace qu’ils organisent autour de lui, les règles et les consignes claires et non les interdits et limites ».

Dans le même sens, au lieu de frustrer lenfant en lui imposant autoritairement des « interdits et des limites », utilisez des règles simples, fermes et claires. Accompagnez-le pour les comprendre et les respecter. Optez pour le jeu des mots!!

Par exemple, au lieu de dire que la durée du jeu est limitée à 15 min, vous pouvez lui montrer sur sur la montre que quand l’aiguille passera à tel chiffre, vous allez partir.

4. Accueillir les émotions de l’enfant et combler son réservoir émotionnel

« Les expériences affectives agissent profondément sur l’enfant et peuvent modifier le développement de l’enfant »

Par : James Curley

Tout d’abord, il faut noter que les enfants ressentent exactement les mêmes émotions que les adultes. Étonnant, n’est-ce pas ?

La différence réside dans la gestion de ces émotions qui se fait par le contrôle inhibiteur, non encore mature chez le tout-petit.

Je m’explique : dès 4 semaines après la fécondation, le cerveau commence à se développer. A la naissance, ce développement passe à un niveau accéléré sur tous les plans. Cependant, la partie responsable de la régulation des émotions et le contrôle des réactions se développe petit à petit et de nouvelles couches (Néocortex) se construisent tout doucement. Plus précisément, la partie du cortex qui contrôle les impulsions et les émotions ne commence à mûrir qu’à l’âge de 5 à 7 ans.

De ce fait, si notre enfant pique une crise de pleurs où de colère, ce n’est pas parce qu’il est méchant et veut nous embarrasser devant les gens. C’est parce qu’il n’est pas capable de gérer ses émotions. Il est envahi par cette émotion et a besoin de notre amour pour l’évacuer.

Pour tout cela, soyez le récepteur des émotions de votre enfant. Soyez empathique, maternant et affectueux. Accompagnez-le pour comprendre, décrire et donner un sens à ces émotions.

Si par exemple votre tout-petit plonge dans des sanglots, au lieu de lui dire : « Mais pourquoi tu pleures mon chéri ? »

  • Asseyez-vous à son niveau, câliner-le.
  • Prenez-le dans vos bras et dites : « Je vois que tu es triste ». Si vous savez la raison de ses pleurs, décrivez-là.
  • Quand les battements de son cœur retournent au calme, vous pouvez lui demander de décrire ce qu’il ressent. Un point important : Même si la raison qu’il vous raconte vous semble imaginaire, ne le jugez pas. Des fois, l’enfant est tellement submergé par une émotion qu’il n’arrive plus à retrouver la bonne raison.
  • Décidez ensemble d’un moyen de décharge de cette émotion.

5. Éviter la négation pour une parentalité positive

L’interdit est excitant. Nos petits sont des génies dans l’art de l’imitation.

Vous l’avez compris !!

Plus vous utilisez « NON » et « NE FAIT PAS CECI/CELA », plus votre tout petit sera excité et fera même l’effort de le répéter dès que possible. D’ailleurs, des fois vous déconnez parce qu’il vous refuse de simples choses ou fait exactement le contraire de ce que vous lui avez demandez. Et bien parce que son cerveau ne traite pas correctement la négation. Il a donc tendance à retenir ce que vous lui avez interdit et à l’exécuter. Ce n’est pas le but, n’est-ce pas ?

En effet, quand tu lui demandes de « ne pas » faire quelque chose, la première chose qu’il fait c’est visualiser cette action à ne pas faire. Ensuite il doit lancer un processus d’annulation dans son cerveau et enfin adopter un comportement contraire à l’action initiale. En tant qu’adulte, cela nous paraît faisable et normal parce qu’on est habitué à cette gymnastique cérébrale. Pour un enfant de moins de 3 ans, cette démarche paraît épineuse et complexe à réaliser.

Pour l’illustration, ton enfant qui vient de découvrir ses premiers pas, ouvre son armoire. Tu interviens rapidement en lui demandant : « N’ouvres pas l’armoire, et ne mets surtout pas les vêtements par terre ». En fait, dans son cerveau tu lui demandes de jeter les vêtements par terre puisque tu lui a imprimé l’action dans son cerveau. Résultat : Il passera à l’action et mettra les vêtements par terre.

Pour pallier à ces situations, je vous propose de remplacer vos « Non » par « STOP » muni d’un mouvement physique, en cas de danger, pour empêcher l’acte.

En tant que parents bienveillants, nous ne sommes pas parfaits. Nous commettrons des erreurs, nous les reconnaissons et nous les corrigeons tout en s’informant continuellement. C’est comme ça que nos enfants seront fiers de nous.

VIVE LA PARENTALITÉ POSITIVE !!

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